vendredi 19 octobre 2012

L'histoire de la femme et de son carcan dans une pièce chorale : Modèles


[repéré sur Time-out]


Le concept :

"On ne naît pas femme, on le devient, mais de quelle manière ?


Elles étaient gamines dans les années quatre-vingts, devenues femmes, les comédiennes, musiciennes et citoyennes de Modèles fouillent les identités possibles et impossibles de la féminité. Qu’est-ce que c’est, être une femme en 2012 ? Sur un plateau peuplé de morceaux choisis de mannequins de cire, corps idéalisés mais tronqués, elles chantent, dansent, jouent. C’est drôle et percutant. Cinq grâces interrogent l’identité sexuelle de la femme, son intimité profonde et son rôle social. Parmi un flot d’images, d’informations, de signes, elles irradient. Elles ont hérité des mots de Duras, de Beauvoir, des révolutions de leurs mères, des modèles imposés. Elles fréquentent les cruches des séries, monstres de Dynastie et archétypes de Desperate Housewives. Elles reviennent sur des décennies d’interrogations quant au rôle des femmes, objets de désir, martyres de quelques barbares membrés, ou figures de proue des révoltes essentielles. Fête libre et heureuse, Modèles dresse l’édifiant portrait de quelques femmes d’aujourd’hui."


"Non, le féminisme n’est pas mort. ‘Modèles’ est une pièce chorale, de celles qui ne réunissent pas seulement sur scène une kyrielle d’acteurs mais qui jouent leur pluralité également dans l’écriture. Elles sont ainsi une dizaine de femmes à avoir participé au texte, et ceci sans compter les fragments d’auteurs (Woolf, Bourdieu, Duras…) disséminés tout au long du spectacle. Aux commandes de ce projet polyphonique et multiforme, Pauline Bureau, la trentaine, diplômée du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. « On ne m’avait pas dit que l’histoire des femmes n’était pas la même que celle des hommes. On ne m’a pas dit qu’aujourd’hui encore je portais le poids de ces traditions, de ces empêchements, de ces culpabilités » raconte la metteur en scène. Comment la femme s’affranchit-elle du carcan dans lequel la société (incluant les femmes elles-mêmes) l’a enfermée ? Et le peut-elle seulement ? « On ne naît pas femme, on le devient » disait Simone de Beauvoir. Très bien, mais de quelle manière ce modèle de féminité s’impose-t-il à nous ? Pourquoi les petites filles rêvent-elle à Noël d’une cuisinière en plastique plutôt que de légos ?
Sur le plateau, pour souligner le poids écrasant de l’éducation, pour conter le quotidien écartelé de la femme, ce sont cinq comédiennes-musiciennes qui sont réunies guitares en bandoulière et vêtues de robes à tutu. De la mère qui allaite en préparant le dîner à la jeune femme contrainte d’avorter par trois fois en passant par l’adolescente violée « pour rigoler » dans une forêt loin de tout, ce sont autant de voix, autant d’histoires qui viennent prêter vie et corps à la pensée théorique des figures féministes.  Au milieu des mannequins de vitrine, dans ce kaléidoscope de textes, de vidéos, de chansons et de chorégraphies, elles sortent des poncifs, nous font pleurer et rire, réfléchir et nous révolter. Peu importe votre histoire, votre vécu, votre rapport à la féminité, hommes et femmes se retrouvent dans leur révolte et dans leurs peurs.
Et si elles éraillent la toute-puissance masculine, ce n’est que justice rendue. Il n’y avait pas que des femmes dans la salle, et ce ne sont pas elles qui, à la fin du spectacle, lorsque les lumières se sont rallumées, se sont levées les premières pour applaudir les comédiennes. Le féminisme n’a pas de sexe, qu’on se le dise."
Auteur : Elsa Pereira

Le + :
une mise en scène du féminisme intéressante, une pièce esthétique et empreinte d'histoire

Le - :
aucun pour l'instant

Infos pratiques :
tarifs : 19€ l'entrée
Du 10 octobre au 10 novembre
Du mercredi au samedi à 21h et dimanche 15h30
Théatre du rond point -  2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 8e, Paris
Métro : Champs élysées clémenceau

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